J’ai reçu dernièrement un courriel bien poli de ma banque. Des phrases claires, fluides, pas une faute. Trop parfait. Pas besoin de creuser longtemps : ça ne venait pas d’une personne, mais d’un robot. Et c’est devenu monnaie courante. Service à la clientèle, infolettres, réponses rapides… l’IA se glisse partout. Ça va vite, ça rassure ceux qui n’aiment pas écrire, et ça produit du texte en claquant des doigts. Mais à force de déléguer nos mots, je me demande : qu’est-ce qu’il reste encore de vraiment humain dans nos communications ?
Les promesses de l’IA
Faut le dire : l’IA simplifie la vie. Tu veux écrire un courriel vite fait ? Boom, trois versions prêtes en dix secondes. Tu figes devant une page blanche ? Elle te pond un plan, une intro, même des slogans. Pour bien du monde, c’est un soulagement : enfin un outil qui enlève le stress d’écrire.
Par curiosité, je lui ai demandé de rédiger un communiqué dénonçant une situation sociale fictive. J’ai donné quelques éléments de contenu. Résultat : impeccable, trop impeccable. Et en un temps record.
Mais qu’on se comprenne : l’IA, c’est un coup de main, pas un substitut. Elle produit du texte correct, efficace, mais sans relief. Ça dépanne, ça met sur la piste. Mais l’étincelle, le style qui accroche, l’ironie bien placée, ça, ça reste humain.
Et les communicateurs ?
Alors pourquoi payer un rédacteur si une machine peut pondre un texte acceptable en dix secondes ? La question dérange. Attachés de presse, spécialistes en communication, rédacteurs de discours… cette profession, qui m’a fait vivre, est-elle en voie de disparition ?
Beaucoup croient que des postes disparaîtront, tous secteurs confondus. D’autres, plus optimistes, prédisent de nouveaux métiers. Moi, je crains que les rédacteurs, les traducteurs, les graphistes, les photographes… soient graduellement remplacés par l’IA.
Le prix à payer
Si l’efficacité est le seul objectif, l’IA gagne. Mais que reste-t-il du style et de l’originalité ? Allons-nous nous contenter de textes stériles, sans humour, sans spontanéité ?
Oui, on gagnera du temps. Mais à quel prix ? On aura toujours besoin de mots authentiques, porteurs d’une vraie personnalité. Des textes qui font rire, pleurer, sourire. Bref, des textes humains.


Laisser un commentaire