Elles s’élancent en V dans le ciel. Le cri des outardes fend l’air, toujours le même, chaque automne.
Je les regarde s’envoler vers le sud, et j’y vois mes propres départs : quitter un lieu, chercher plus doux ailleurs.
À l’automne, le goût de partir me revient et me trouble.
Dans mon calepin vert s’entassent les adresses où j’ai vécu. Recommencer m’a toujours donné l’illusion du renouveau.
Malgré tout, je n’ai jamais quitté un logement sans verser une larme : dans chaque boîte bien remplie, une tranche de vie se refermait, sans certitude sur ce qui viendrait ensuite.
Peut-être qu’un ailleurs m’attend. Cet automne ou plus tard.
Chaque départ se veut une porte ouverte vers demain.
(Photo: Marie Vaillant)


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