Opinion sur les transfuges politiques et le silence autour de la grève des transports à Montréal.

Les bitcheries du vendredi : transfuges et criquets politiques

Petite revue d’une semaine politique où les convictions changent plus vite que les saisons et où les citoyens, eux, se butent aux portes du métro ou se gèlent les pieds en attendant l’autobus.

Les transfuges

Pendant des mois, il arpente les rues des villes et des villages de sa circonscription, sac de dépliants en bandoulière, vantant les mérites de son parti, promettant monts et merveilles aux citoyens. Les promesses deviendront réalité, dit-il, s’il est élu.

Et puis, boum. Malgré la défaite de son parti, lui, il a été élu sous cette bannière. Six mois plus tard, il traverse la Chambre. Accueilli en héros par ses nouveaux collègues, il siègera désormais avec le gouvernement.

Plus d’accord avec le style de son ancien chef, mal à l’aise devant les orientations politiques qu’il défendait encore hier, parfois depuis des années, comme le député d’Entremont… on appelle ça de l’opportunisme pur jus.

Qu’il soit issu du Parti conservateur ou d’un autre parti ne change rien. On devrait interdire ces changements de chaise éclair pour des raisons aussi futiles que nébuleuses. Les électeurs choisissent plus qu’un candidat : ils choisissent un parti, une vision, un chef.

Quitter le bateau six mois après une élection pour se joindre au parti qu’on conspuait hier, c’est indécent. Vous n’aimez plus le parti qui vous a fait élire : démissionnez.

La grève des transports collectifs à Montréal

Je m’attendais à une levée de boucliers politiques face à la grève qui paralyse un très grand nombre de citoyens de Montréal et de tout le Grand Montréal dans le conflit du transport en commun. On entend plus les bruits de criquets que d’appuis à ceux et celles qui souffrent du conflit.

Pourtant, ce sont les citoyens qui subissent les conséquences qui méritent qu’on prenne leur défense, haut et fort. Vous savez, cette classe laborieuse, celle aux horaires atypiques, les parents pressés de rejoindre la garderie, les patients en attente de rendez-vous depuis des mois, les personnes aînées, les employés d’hôpitaux, les étudiants, le personnel des CHSLD, les travailleurs des dépanneurs, de garages, de salons de coiffure…abandonnés sur le quai des relations de travail pourries entre la STM et des syndicats de l’organisation.

Les libéraux eux, attendent on ne sait quelle baguette magique qui sortira du sac de la nouvelle mairesse de Montréal… Québec solidaire et le Parti Québécois font des bulles : il faut, disent-ils, laisser place à la négociation, et n’appuient pas le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, même si les citoyens, vous savez vos électeurs, en arrachent.  Devancer l’entrée en vigueur de la loi du ministre qui limite le droit de grève semble la seule idée sur le parquet.

Après, on se demandera pourquoi les électeurs lorgnent à droite : les partis politiques ont tendance à s’intéresser à eux qu’à tous les quatre ans, et encore là, comme on l’a vu cette semaine, leurs élus peuvent changer de camp, sur un dix sous. Ça ne tient pas la route.

Un spectacle désolant.

(Illustration : ChatGPT)


Commentaires

2 responses to “Les bitcheries du vendredi : transfuges et criquets politiques”

  1. Avatar de Jasmine Gingras
    Jasmine Gingras

    Tu as tellement les bons mots (maux) très bien expliqué merciii xx

    1. Merci, Jasmine !xx

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Carnet du moment

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture