Je l’avoue, j’aime les panels politiques. Quand on a étudié en sciences politiques et travaillé dans les deux ordres de gouvernement, l’analyse devient un réflexe quasi automatique. Je ne les écoute pas chaque jour et seulement à la télé (question de santé mentale !), mais assez pour garder le fil.
J’ai un faible pour les analystes qui font leurs devoirs. Ceux qui amènent des faits, des chiffres, du contexte, de l’histoire. Bref, ceux qui analysent. Mais tous les panels ne se valent pas. Ceux qui reposent sur l’humeur du jour ou une vieille rancœur n’éclairent rien. Même chose pour les grilles d’analyse préformatées où les « méchants » sont désignés d’avance : les étiquettes ne m’apportent rien.
Le défi des anciens élus, devenus panelistes, c’est de décrocher de leurs loyautés. Souvent, la partisannerie reprend le dessus et la nuance se perd. À l’inverse, les panels où tout le monde est d’accord n’ont aucun intérêt. Les interminables « Je suis d’accord avec vous, mais… », suivis d’une intervention molle donnent l’impression d’une pause-café, pas d’un échange d’idées.
Côté animation, certains se démarquent par leur rigueur à recadrer les faits. Chez les anglophones, le ton est souvent plus posé et les échanges plus longs, comme Power and Politics. En revanche, on finit souvent par décrocher tant leur lecture politique passe à côté de ce qui se vit ici, au Québec. Et bien sûr, peu importe la chaîne, chaque panéliste a ses angles morts, que ce soit en répétant la ligne du parti au pouvoir (ou des oppositions) ou en refusant d’admettre l’évidence.
Au fond, un panel politique n’est utile que s’il pousse à expliquer et à bonifier la réflexion des auditeurs. Dès qu’il se transforme en mini Assemblée nationale ou en tribune partisane, cela devient pénible. J’écoute pour comprendre ce qui se passe, pour obtenir un éclairage autre que le mien sur l’actualité ou sur des politiques publiques. Je n’ai donc aucun plaisir à me faire servir de la nostalgie ou un regard sur l’actualité qui n’est jamais, sauf exceptions, ni tout noir, ni tout rose.
(Photo : Gemini3)


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