Non, ce n’est pas le prénom de la chanteuse populaire québécoise ou française.

Non, ce n’est pas le nom de la marque d’un nouveau parfum en vente dans les grands magasins.

C’est le nom d’une Fille du roi dont je suis une fière descendante.

Jeanne, c’est Jeanne Faucheux. Arrivée en Nouvelle-France en 1671 de St-Pierre-ès-Liens de Huisseau-sur-Mauves, arrondissement et évêché d’Orléans (Loiret), elle avait 16 ans et ne savait pas signer. Durant cette année, elle épouse Antoine Leduc, le premier Leduc en Amérique, avec lequel elle aura trois enfants.

Cette jeune fille, je l’ai en moi, à quelque part. Non pas à cause des Leduc, mais par suite de son deuxième mariage.

Après le décès d’Antoine, elle épouse en 1688, à Ste-Anne-de-la-Pérade, Pierre Rasleau, qui a changé son nom de famille en arrivant au pays, en prenant le nom de Vaillant. Le couple s’installe à Ste-Anne-de-la-Pérade et aura quatre enfants.

Selon l’acte d’inhumation, elle a été enterrée dans un premier temps dans l’église de Ste-Anne, a rappelé son mari, car « elle était une bonne chrétienne », ayant probablement été inhumée par la suite dans le cimetière de Ste-Anne. On lui donne l’âge de 72 ans, mais elle en avait 66.

Selon Yves Landry,1elle a été l’une de 764 femmes qui se sont installées au Québec. C’est toujours curieux de savoir qu’à quelque part, les Vaillant de mon village ont côtoyé les Leduc : des cultivateurs du bout du rang qui travaillaient très fort. Nous étions liés, sans le savoir.

Même si je n’ai pas terminé mon arbre généalogique, qui, dans mon cas, s’arrêtera avec les Français ayant émigré en Nouvelle-France, d’autres, comme elle, ont quitté les orphelinats ou les hôpitaux de Paris, de Normandie ou d’ailleurs, pour venir se marier ici avec des hommes inconnus, dans un milieu extrêmement dur, souvent sans autre membre de leur famille et loin de tout.

Je n’ai que des hommages à faire à toutes celles qui ont embarqué dans des navires, munies d’un simple coffre où se trouvaient quelques vêtements, et parfois d’une dot du roi, pour aller vivre une destinée qui mènera à la création de la nation québécoise.

J’aime à penser qu’un jour, elle s’est demandé ce que deviendraient ses enfants, grandissant sur cette terre si difficile à vivre, mais qu’elle a fini par appeler sa patrie.

Si vous avez une Jeanne dans votre famille, racontez-la-moi.

Un jour, je vous parlerai peut-être de Marie-Charlotte.

[1] Landry, Yves, Orphelines en France, pionnières au Canada. Les Filles du roi au XVIIe siècle, suivi d’un répertoire biographique des Filles du roi, deuxième édition, Bibliothèque québécoise, 2025, 272 p.

(Illustration : Lumo)



Commentaires

Laisser un commentaire