dessin d'une femme et d'une fillette en burqa bleu debout. En arrière-plan, des montagnes de sable, 2 édifices.

Les pleurs des Afghanes

Mise à jour – novembre 2025
Depuis la publication de ce billet, les autorités talibanes ont interdit aux Afghanes la lecture d’ouvrages écrits par des femmes. Ce nouvel épisode confirme combien la répression s’étend jusque dans l’imaginaire.

https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/les-talibans-interdisent-les-livres-ecrits-par-des-femmes-dans-les-universites-dafghanistan-e928770a-987d-11f0-9738-d0ea6e12e479

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Parfois, la télévision montre des femmes afghanes mendiant dans les rues poussiéreuses, vêtues d’une burqa sale, un enfant à leurs côtés. Une main tendue pour survivre.

Je repense souvent à cette porte-parole du Secrétariat d’État américain qui, en 2021, affirmait que son pays allait « monitorer » la situation des femmes après le départ chaotique des États-Unis. Paroles sans suite, évidemment.

Ce retrait chaotique a rendu aux talibans tous les pouvoirs sur la population et réduit les droits des femmes à peau de chagrin.

Aujourd’hui, seule l’ONU semble se soucier de leurs conditions de vie. Mais, dans la réalité, cela change peu de choses.

Les interdictions pullulent

Depuis mars 2022, les filles sont bannies de l’enseignement secondaire et supérieur. L’UNESCO estime que près de 2,2 millions d’entre elles en sont exclues. Même l’école primaire accueille moins de filles qu’avant.

Amnesty International a constaté en 2024 une hausse des mariages d’enfants, précoces et forcés en Afghanistan, conséquence directe des restrictions imposées par les talibans.

Plus récemment, selon Reuters, l’internet par fibre optique a été coupé dans plusieurs provinces. Résultat : des commerces féminins à domicile paralysés, des cours en ligne interrompus, des étudiantes sans ressources.

Lors du séisme du 31 août dernier, Courrier International et d’autres sources ont rapporté que des femmes blessées, parfois agonisantes ou ensevelies, n’ont pas reçu de secours immédiats. Les équipes, composées d’hommes, ne sont pas intervenus: la charia interdit tout contact avec une femme qui n’est pas un proche parent (père, frère, mari). L’isolement des villages et le manque de secouristes féminines ont empiré la catastrophe.

Le silence du monde

Alors que tous les regards se tournent vers l’intelligence artificielle, l’oppression des Afghanes fait rarement les manchettes. Encore une fois, nous assistons à un anéantissement des droits des femmes, à une échelle qui nous sidère.

Un autre chapitre de notre histoire écrit à l’encre noire dans l’indifférence totale.

(Dessin: Marie Vaillant)


Commentaires

3 responses to “Les pleurs des Afghanes”

  1. Avatar de Jasmine Gingras
    Jasmine Gingras

    C’est tellement l’humain au masculin, un monde de souffrance infinie…

    1. Cette semaine, les talibans ont coupé l’internet à tous, pour le rétablir une journée plus tard. Vivre dans le noir de tout, c’est un projet de société misérable et cruel.

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