Téléphone intelligent noir avec inscription C'est fini au centre sur fond bleu

Les fantômes disparus

C’est arrivé à une amie. Elle s’en remet à peine.

Ghostée sur les réseaux par une copine, amie depuis dix ans, pour avoir simplement “liké” un post humoristique. Pas d’explication. Du jour au lendemain : accès coupé à Instagram, puis à tous les autres réseaux partagés. Fin de l’histoire.

Le ghosting frappe parfois là où ça fait déjà mal : au lendemain d’une perte d’emploi, au cœur d’une séparation, en pleine maladie. Le silence ajoute une double peine.

Les réseaux sociaux rendent ce geste terriblement facile. Un clic, et tout disparaît : bloquer, mettre en sourdine, arrêter de suivre. Même des personnes connues “dans la vraie vie” — collègues, amis de longue date, ex-compagnons de sports d’équipe— peuvent se volatiliser d’un écran sans un mot.

On croit son réseau solide, bâti jour après jour. Mais non. Tac. Plus besoin de parler, ni de justifier. Tout devient remplaçable, éphémère.

Chez des ados, des histoires d’amour s’effondrent par texto : C’est fini.

Dans le monde du travail, le job ghosting s’installe : candidats laissés sans nouvelles après des entrevues, ou employés qui disparaissent. J’ai vu un collègue écrire un simple texto à sa supérieure : il ne reviendrait pas le matin même, ayant trouvé un autre boulot ailleurs. Le Los Angeles Times décrit ce phénomène comme un « abandon silencieux ».

La technologie a ses bienfaits. Mais elle peut aussi devenir une arme sans répit, laissant derrière elle des blessures inattendues et profondes.

Un fantôme ne dit jamais au revoir. Mais c’est toujours celui qui reste qui paie le prix du silence.


Commentaires

2 responses to “Les fantômes disparus”

  1. Avatar de Jasmine Gingras
    Jasmine Gingras

    Oh ! Marie j’adore te lire, tu as finalement retrouvé ta belle plume xxx

    1. Merci ! xx

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