C’est certain que bitcheries n’est pas un mot accepté par l’Académie de la langue française, mais bon, le mot illustre mon état d’âme devant tous les agacements, disons niaiseries, de la vie quotidienne. Interdit de passer vos ongles sur le tableau, en guise de protestations.
1. Les drames royaux
Un jour, sur TikTok, j’ai eu le malheur de cliquer sur un vidéo de la famille royale… Erreur ! Mon téléphone a été inondé de toutes leurs histoires, leurs scandales, leurs psychodrames. Et tous ces commentateurs de la royauté qui nous décrivent chaque pose, chaque regard. Une véritable industrie qu’est la monarchie britannique. Harry et Meghan, prenez votre retraite, svp.
2. Grouille-toi sur ton bien-être
Il faut respirer, déconnecter, boire de l’eau, faire du yoga, sourire au lever du soleil. Manger ceci, surtout pas cela, faire 50 squats avant le déjeuner, éviter le sucre, le sel, les patates. J’aimerais qu’on me laisse, parfois, simplement être fatiguée sans culpabilité. Et manger un beigne Boston sans crise existentielle.
3. Les phrases toutes faites
« Tout arrive pour une raison », « Reste positive », « Il faut avoir confiance en la vie » (sauf celle-là, je l’aime bien…). « Tu es forte » : non, pas tout le temps, pas vraiment, mais je ne m’en vante pas.
4. Les militants sans nuance
On n’écoute plus pour comprendre, pour échanger, mais pour répliquer. La conversation est devenue un duel. Si tu critiques les gouvernements de Carney, de Legault, de Netanyahu, ou les autres chefs d’État, leurs ardents défenseurs te placent sur la liste noire et tu es zappé de l’univers. Cause toujours, mon lapin, j’ai autre chose à dire.
5. Les beaux mots
Authenticité, bienveillance, transparence — si souvent répétés à toutes les sauces qu’ils ne veulent plus rien dire. Avec toutes les nuances de rose et enrobés d’un positivisme que même les moines tibétains auraient du mal à avaler.
6. LinkedIn
Utile pour certains, mais lassant pour ceux qui voient tous ces gens s’autocongratuler en passant d’un événement caritatif à l’autre. Quand tu n’es plus participant au cirque, tu trouves que ça frise le 40 onces de vanité pure.
7. Tous ces beaux morts
Bon, il y a de la mort à la télévision et de la souffrance innommable dans le monde. Et pourtant, inévitablement, mon cœur chavire à l’annonce du décès de ceux qui m’ont touchée au cinéma et en musique particulièrement. La mort de Fiori, en juin dernier, m’a donné un solide coup. Un peu comme la mort de Dédé, il y a longtemps…Et c’est loin d’être terminé.
8. Les virages
Les virages politiques vers l’extrême-droite partout dans le monde, une gauche déboussolée et sectaire, le retour du religieux, le corporatisme syndical et patronal exacerbé, le commentariat débordant et la diminution du journalisme terrain, les crimes crapuleux contre les aînés, le franglais à l’honneur…tannée.
9. Les écouteurs : trop chers?
Tout le monde le dit, et je le redis : achetez-vous des écouteurs dans le métro. Promis : vos oreilles vont supporter le fil. Vos discussions avec le cousin, les zing-zwing du jeu vidéo qui monopolisent votre cerveau, on n’en a rien, mais vraiment rien à cirer. Pollution auditive majeure.
Et finalement…
10. Les « breaking news » de Donald Trump
Tout ce que dit, pense, décide, raconte, radote Donald Trump, doit-il être diffusé en direct à la télé québécoise et canadienne ? C’est carrément trop. Parfois, je me dis : « Ben cou’t donc, je n’ai pas lu le mémo, on est devenus des Américains ! » Les longs reportages à la télé et les nombreux articles résumant le spectacle (car c’en était un !) de l’hommage public à Charlie Kirk, ont témoigné de cette fébrilité médiatique. Loin de moi de vouloir censurer les médias, mais parfois trop, c’est comme pas assez.
Bon, j’ai terminé…
Fallait que ça sorte. Je respire mieux là. Ça ira mieux lundi… ou pas. En attendant, je range mes crises d’urticaire dans ma pharmacie, jusqu’à un prochain vendredi.
(dessin: Marie Vaillant avec Procreate)


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