Noël
Je reviens de mon dentiste où l’hygiéniste dentaire que j’adore m’a raconté toutes ses péripéties de Noël. Ce monologue, puisque j’étais sur la chaise la bouche grande ouverte, m’a fait le plus grand bien.
Peut-être est-ce à cause des traditions, du battage médiatique à Noël, mais cette période de l’année n’est jamais un moment de grâce pour tous. Les familles, les préparatifs, les cadeaux, les décorations : tout cela est mis en scène de manière démesurée à la télévision, baignant dans une musique de circonstance. Et que dire ? Ça ne marche pas toujours comme dans les films que l’on regarde chaque Noël, la larme à l’œil et le motton au gorgoton.
Je me souviens d’un Noël où, célibataire, je m’étais concocté un petit souper agréable. Seule, sans souci, ni regret, ni pleur. J’habitais au centre-ville de Montréal, dans une tour, anonyme comme elles le sont à peu près toutes. La grande paix.
Noël, c’est parfois trop, parfois pas assez.
Mais revenons sur terre. Ou plutôt, dans le cauchemar qui m’a visitée l’autre nuit.
Au bord du gouffre
Il y a quelques temps, j’ai rêvé que les États-Unis étaient en pleine guerre civile. Les décors étaient similaires à ceux de « The Last of Us », des immeubles à demi-abandonnés, baignant dans une odeur de soufre et de désolation. Je voyais des chars d’assaut avec des soldats qui tiraient dans tous les sens et des gens qui fuyaient.
J’ose espérer que ce n’était pas prémonitoire. La fin de l’état de droit aux États-Unis. Les kidnappings de résidents racisés et leur expulsion au Salvador. Les menaces d’annexion du Groenland. La mainmise sur le pétrole vénézuélien tout en gardant le régime Maduro au pouvoir. Tout ça ne peut que susciter de profonds mécontentements et appeler à la rébellion, aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde. Et l’assassinat de Renee Nicole Gould à Minneapolis par ICE fait froid dans le dos. Ça sent le fascisme à plein nez.
On ne choisit pas ses voisins. En ce début d’année, comme l’an passé, je voudrais qu’on vive ailleurs. Et moi qui ne juge jamais les choix de voyage des gens, prendre des vacances aux États-Unis, depuis l’élection de celui qui fragilise l’économie du Canada, je trouve ça indécent.
(Illustration : Gemini3)


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