Une femme qui regarde le PDG d'Air Canada et les avocats du gouvernement fédéral en arrière-plan devant la Cour suprême

Les bitcheries de la semaine: Le français du PDG et l’esclavage à l’horizon ?

Bon, en plus d’avoir été malade cette semaine, et donc d’avoir été de fort mauvais poil, j’ai pu, comme tout le monde, assister à plein de mauvais films, sous forme de bulletins de nouvelles, qui ont meublé notre actualité politique. J’en ai sélectionné deux, parmi les plus corsés.

Bon, tout a été dit au sujet de M. Rousseau d’Air Canada. Je me suis insurgée, encore une fois, devant son incapacité à lire deux phrases en français sur un téléprompteur, pour souligner le décès absolument atroce des deux pilotes, dont un Québécois. Mon coup de gueule a duré à peine 24 heures, car je me suis dit : le conseil d’administration de la compagnie va lui régler son cas, non ? On lui avait pourtant dit, à l’embauche en 2021, que pour occuper ce poste il devait être bilingue : on va te payer des cours, mais on se fout du résultat. Mais puisque tu as fourni des efforts, on va réajuster ton salaire. Eh bien, j’attends toujours de connaître leur point de vue. De mauvaises langues m’appellent La grande Naïve. (Je viens de lire dans la Presse que le Conseil ne fera pas de commentaires : passez à Go, et réclamez votre 200 $, comme au Monopoly…).

Mais sur le plan strictement humain, je me demande ce qui a pu provoquer un tel blocage linguistique dans la vie de ce monsieur. Il y a quelque chose de très particulier dans le fait que cet homme né d’une mère francophone, ayant épousé une francophone et vivant à St-Lambert et au Québec depuis une quinzaine d’années puisse à ce point résister à l’apprentissage de la langue française. Je me pose sérieusement la question.

Un autre questionnement de la semaine touche les avocats du gouvernement fédéral dans la cause de la loi 21. Pour contester la clause dérogatoire devant la Cour suprême, de cette loi québécoise, ils ont sorti l’artillerie lourde : sans limites imposées à cette clause, rien n’empêcherait un gouvernement de légaliser l’esclavage ou d’interdire l’avortement. Bel argument. Sauf qu’on parle du Québec, une démocratie bien vivante où le droit à l’avortement n’est pas remis en question et où, à ce que je sache, l’esclavagisme n’est pas souhaité par le plus niaiseux du groupe. Difficile de ne pas y voir un sous-entendu insultant. 

Bref, pendant que Donald Trump accumule les mensonges et que la guerre en Iran se poursuit allègrement, le printemps, lui, se fait attendre. Il a fait un froid mordant toute la semaine. À l’image de l’actualité.

(Illustration: ChatGPT)


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