Bon, je sais que certains me traiteront de radoteuse-en-chef, mais je reviens sur la question des transfuges politiques, particulièrement sur la scène fédérale.
Actuellement, cinq ex-députés issus du PCC et du NPD, ont traversé le parquet pour siéger avec les libéraux de Mark Carney, qui trônent très haut dans les sondages.
Ces changements d’allégeance sont certainement « mûrement » réfléchis : les yeux rivés sur des sondages défavorables, une critique du leadership de M. Poilievre, ou, comme dans le cas plutôt insipide de Mme Gladu, l’envie de profiter de l’odeur d’un gouvernement libéral majoritaire maintenant bien installé. Bon, passer d’un banc arrière du Parlement à un autre ne devrait pas trop la gêner.
Selon des bruits qui courent sur les ondes de Radio-Canada, il se peut que huit à neuf autres députés du Parti conservateur fassent défection dans les prochaines semaines.
Devant cette possibilité déplorable, on m’argumentera que l’arrivée de Trump a bouleversé le paysage politique et que, devant toutes les menaces du gouvernement Trump, des tempêtes politiques internationales, du leadership fragile des oppositions, le mot du jour est « unité » et même « gouvernement de guerre ». Ce contexte peut expliquer certains ralliements, mais j’en doute.
Mais surtout, quelles seront les conséquences directes de ce nouveau paysage politique sur le taux de participation électorale des citoyens ? À quoi bon d’aller voter au fédéral si notre député, nouvellement élu, change de parti en moins de six mois ?
Y a-t-il des solutions ? En Inde, il existe des mécanismes qui disqualifient le député transfuge, ce qui entraîne la perte du siège et donc une élection partielle. D’autres pays ont-ils introduit d’autres dispositions touchant les transfuges ? À voir. C’est peut-être le temps de passer à l’action au Canada, car sinon, c’est la démocratie qui changera de camp.
(Illustration: Gemini)


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