une image d'une pipeline et des montagnes en feu en arrière-plan.

Pendant que ça brûle

Combattre le cynisme devant les élus, particulièrement à Ottawa, c’est une bataille que je perds de plus en plus.

Au risque de déplaire aux admirateurs de Mark Carney, dont le discours de Davos m’avait pourtant impressionné, l’étoile du premier ministre a pâli cet été.

On en est presque à manquer Justin Trudeau.

Le pétrole, le pétrole, le pétrole. Avons-nous un besoin aussi urgent de lui, alors qu’il ne verra probablement le jour que dans dix ans, quand personne ne sait à quoi ressemblera le secteur énergétique ?

Au-delà de ces considérations, l’automne dernier, l’entente entre le fédéral et l’Alberta était claire : un pipeline vers la Colombie-Britannique serait financé par le privé, pas par l’État. « S’il n’y a pas d’acteur privé, il n’y aura pas de pipeline », avait même dit Carney en point de presse. Puis, cet été, volte-face. Le Canada et l’Alberta seront « partenaires à parts égales ». Un seul joueur privé a accepté d’embarquer, pour à peine 10 % du projet. Le reste, la facture qui frôle les 40 milliards, c’est nous qui allons la payer.

Investir dans nos infrastructures, je n’ai rien contre. C’est l’entente brisée sans excuse, sans qu’on l’explique, qui me reste en travers de la gorge. Comme si dire une chose et faire son contraire n’était plus digne d’une justification.

Et cet été, nos forêts brûlaient. Au Manitoba, en Colombie-Britannique et dans le nord de l’Ontario, le feu a brûlé tout sur son passage. Parlez-en aux communautés autochtones qui ont dû évacuer d’urgence. Pendant ce temps, on négocie un pipeline de pétrole.

Pas la colère pure, plutôt cette fatigue de voir une promesse, sur un projet qui soulève déjà des questions, se dissoudre en neuf mois sans qu’on nous doive un mot. Votez pour nous, on fera ce qu’on veut.

Je ne lâcherai pas. Mais cet été, j’avoue, la lumière politique s’est éteinte un peu plus vite que prévu.

(Illustration : Gemini)


Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Carnet du moment

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture