C’est arrivé deux fois en un an et demi.
La première fois, c’était lors de l’élection du premier ministre du Canada, Mark Carney et son équipe, qui ont été portés au pouvoir grâce aux électeurs du Québec. Une déferlante de cœurs, de remerciements, d’applaudissements et… « je veux apprendre le français ! ».
Sur le réseau social Threads, des Canadiens anglais, des Américains, des Anglo-Québécois unilingues, écrivaient à qui mieux-mieux à quel point ils voulaient apprendre ou réapprendre le français.
C’est arrivé encore une fois, en fin de semaine.
Cette fois, à cause des propos de M. Carney, selon lesquels les négociateurs américains auraient demandé le retrait de l’obligation d’inclure le français sur les étiquettes et les manuels d’instruction des produits.
On a assisté à une nouvelle vague semblable, cette fois avec des gens qui demandaient quelle application pourrait les aider dans leur apprentissage, et qui répétaient sous toutes les formes possibles à quel point le français est important au Canada.
Curieux.
Le président des États-Unis veut effacer le français sur nos tablettes, et voilà qu’un vent de sympathie pour la cause du français déferle sur les réseaux.
Et puis, si tu tombes sur des éditoriaux de The Gazette sur les efforts gouvernementaux pour protéger le français, et ce, depuis la loi 22 des libéraux de Robert Bourassa, ou sur des commentaires d’anglophones qui crient presqu’au nettoyage ethnique, on peut bien se questionner sur cet amour soudain pour la langue de Molière.
Bon, c’est The Gazette, vous me direz. Voyons donc, des anglos frustrés parce que le français a survécu malgré la bataille des Plaines d’Abraham…calme-toi, Marie.
Mais il y a de ces poussées d’amour qui sentent tellement faux, ou peut-être est-ce le trop de vin fou de la fin de semaine, qui rend les gens plus sensibles à la cause du français… cette langue d’amour qui distingue réellement le Canada des États-Unis, qu’on n’applaudit que quand ça fait notre affaire.
(Illustration : Gemini)


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