Illustration d'une fille située entre les journaux et les plateaux de télé, en prévision de la campagne électorale du Québec

Le rouge et le noir : clin d’oeil politique

Terminé depuis longtemps le travail de « spinneuse » dans les autobus médias de campagne électorale du Bloc québécois et du Parti québécois ou lors du référendum de 1995, j’observe maintenant la course électorale au Québec comme tout le monde, même si c’est avec un brin de nostalgie. En ce moment, deux partis suscitent mon intérêt pour des raisons très différentes.

Contrairement à son ancien collègue porte-parole, M. Gabriel Nadeau-Dubois, Ruba Ghazal, de Québec solidaire, a réussi à recentrer son parti avec des propositions concrètes, qu’on peut apprécier ou non, mais on est loin du radicalisme anti-capitaliste de l’époque d’Amir Khadir.

À l’autre extrême, la performance d’Éric Duhaime, du Parti conservateur, dont la posture idéologique de droite libertarienne plaît à certaines personnes, surtout à ceux qui semblent avoir un ras-le-bol de tout, nous indique la possibilité de le voir faire son entrée à l’Assemblée nationale.

En parlant de droite, avez-vous remarqué à quel point les conservateurs envahissent les panels politiques ? Par exemple, Dimitri Soudas est devenu le chouchou de Radio-Canada et du 98,5 FM, celui qui mélange tous les jours à la SRC analyse politique et mange-souverainistes. Il y a aussi Mathieu Bock-Côté, souverainiste de droite, particulièrement virulent à l’endroit des têtes d’affiche fédéralistes, à LCN et à QUB. Et j’en passe.

D’ailleurs, j’en suis à me dire que l’analyse politique en ondes devrait peut-être réservée aux journalistes ou à tout le moins aux ex-élus, qui sont assez matures pour prendre une certaine distance avec leur famille idéologique. C’est rêver en couleurs, je sais. Plusieurs panels sont devenus une forme de divertissement, de débats déstructurés comme La Joute, à LCN, qui me laisse un goût amer.

La polarisation politique gauche-droite est aussi devenue une réalité au Québec. Vais-je m’y faire ? Être située au milieu de ces deux pôles n’est pas de tout repos, mais au moins, j’apprécie le fait que notre démocratie est tout de même bien vivante.

(Illustration: Lumo)


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